Parrainez un enfant riche (PER) est une fiction interactive qui plonge le public dans une campagne humanitaire décalée. Des habitants du Sud viennent en aide aux enfants d’Occident frappés par la «pauvreté relationnelle». L'histoire est racontée par le biais du site Parrainez.org et d'une série d'infopubs qui reproduisent l’esthétique des organisations humanitaires. Qui est vraiment riche? Qui est pauvre? Campagne sérieuse ou simple parodie? Un projet transmédia qui brouille les cartes...

En trame de fond de l'histoire, un nouvel ordre mondial, avec ses propres codes, stéréotypes et repères géographiques. La richesse relationnelle est la nouvelle mesure qui détermine le rang de chaque pays dans la hiérarchie mondiale.

Au premier plan de l'histoire, il y a les personnages détaillés ci-dessous: Marie-Solange Nyampundu, porte-parole de la campagne, entourée des parrains et des enfants riches. Vous, le public, qui infiltrez le jeu et le transformez en une campagne réelle. Enfin les «cobayes», qui ont participé à la phase de développement.
MARIE-SOLANGE
ET SES AMIS
VOUS LES «COBAYES»

• Une série d'infopubs racontent l'histoire d'enfants transformés par un parrainage. L'esthétique est calquée sur les publicités sociétales, souvent sensationnalistes et dichotomiques (Nord vs. Sud, riche vs. pauvre, etc.).

• Les personnages de ces infopubs sont 100% fictifs. Ils sont les seuls 100% fictifs de la plateforme.

Marie-Solange

• C'est la porte-parole voluptueuse de la campagne PER. Née à Kigali au Rwanda, Marie-Solange, 38 ans, parcourt l'Occident pour recueillir des témoignages qui montrent les résultats concrets du parrainage dans la vie des enfants.

Megan

• Cette petite de 12 ans vit en Extrême-Occident avec sa mère. Elle souffrait d'un narcissisme chronique avant d'être sauvée par une famille de Bolivie. Visionnez l'histoire de Megan.

Kevin

• Ce garçon attachant de 13 ans habite au Proche-Occident avec son père. Il souffrait d'anxiété chronique lorsqu'il a été parrainé par une famille de Côte-d'Ivoire. Visionnez l'histoire de Kevin.

Zachary

• Cet ado de 14 ans vit avec sa famille au Moyen-Occident. Il avait sombré dans la cyberdépendance aigüe avant d'être sauvé par des parrains du Vietnam. Visionnez l'histoire de Zachary.

Butterfly

• Cette fillette rebelle de 15 ans vit en Israël. Sa révolte contre la société de consommation se concrétise par l'achat de symboles révolutionnaires. Visionnez un extrait de l'histoire de Butterfly à venir.

• C'est le public qui fournit le plus grand nombre de personnages. Vous pouvez ajouter votre profil dans le catalogue d'enfants ou de parrains, puis à activer un jumelage. À la condition de correspondre aux critères d'admissibilités...

Réel vs. fictif

• Bien que la campagne PER est au départ un simple jeu, rien n'empêche de la transformer en une expérience interculturelle réelle qui contribue à améliorer notre monde.

• Pour que cette expérience soit la plus réelle possible, le public doit respecter les critères d'admissibilité, à savoir:
1) pour créer un profil de parrain, il doit être né en-dehors de l'Occident.
2) pour créer un profil d'enfant riche: être né en Occident et avoir 21 ans et moins.

Activer un
parrainage

• Ainsi le point de départ consiste à créer un profil. Les parrains en devenir cliquent sur la section Parrainez un enfant.

•Les enfants doivent passer au préalable un test de dépistage. Ce test est ouvert à tous.

• Une fois inscrit, le parrain reçoit un courriel avec les procédures à suivre. Il est invité à consulter le Catalogue d'enfants pour faire son choix parmi ceux en attente d'un parrain.

La mission

• Une fois jumelés, l'enfant et le parrain entament une correspondance. À travers des messages de 280 caractères (oui oui, 2 fois plus que Twitter!), le parrain partage son savoir-faire avec l'enfant.

• Sa mission est de reconnecter l'enfant avec son entourage: les vieux, les voisins, les inconnus, les amis. Un système de récompenses permet au parrain d'encourager l'enfant. Il s'agit de l'outil Niveaux, qui apparaît sur chaque profil à côté du calinomètre.

• Pour ne pas dire trop de bêtises, une phase de recherche et développement a été menée de façon rigoureuse dès 2011.

Le Rich Lab

• Une cinquantaine de volontaires ont participé au Rich Lab: une simulation de parrainage menée en 2011 à Rimouski au Québec (Canada).

• Près de 30 élèves du lycée et 20 immigrants originaires du Sud se sont créés des personnages fictifs pour correspondre via un site pastiche.

Crowdsourcing

• Le Rich Lab a permis de cerner les problématiques réelles vécues par les jeunes d'Occident.

• L'expérience a permis de valider auprès des immigrants la richesse du lien social qui existe dans leur pays d’origine.

• Les deux pieds dans le crowdsourcing, cette simulation servait aussi à nourrir la scénarisation des infopubs/courts métrages qui seront tournés dans les années suivantes.

Créations

• Loin de se limiter à la recherche, le Rich Lab était une phase de création prolifique. Il en reste plusieurs traces:

• Le making-of de 17 minutes qui relate l'aventure

• La plateforme web sur laquelle la simulation se déployait

• Le pilote vidéo du jeu transmédia à venir

Pourquoi ne pas créer une vraie campagne humanitaire, avec de vraies personnes?

Le réalisateur Julien Boisvert répond: « Notre équipe a sondé des dizaines de jeunes Canadiens au moment de développer le projet. La réponse était claire : aucun d'entre eux ne voulaient participer à une campagne humanitaire 100% réelle qui leur donnerait le mauvais rôle, le rôle du faible qui demande de l'aide. On a donc imaginé une expérience ludique, numérique et présentée au 2e degré qui les inciterait à participer.

Un simple jeu au départ, le projet Parrainez un enfant riche (PER) devient pourtant un mouvement réel au fil des inscriptions en ligne. Des dizaines de jumelage sont déjà en opération sur les plateformes Parrainez.org et Sponsor-Now.org (version anglaise). Chaque personne inscrite échange une correspondance réelle qui lui fait vivre – on l'espère – une expérience interculturelle enrichissante. Est-ce que ces personnes correspondent sous leur vraie identité? Difficile de répondre. Toutefois au moment de l'inscription, ils doivent certifier leur pays d'appartenance et leur photo.

À noter que les statistiques sur le site sont toutes réelles et les sources sont citées. La phase de recherche et développement, menée en 2011 et baptisée le « Rich Lab », a injecté elle aussi du réalisme au projet. Une cinquantaine d'ados canadiens et d'immigrants originaires du Sud ont alimenté une simulation de parrainage qui a permis de cerner les problématiques vécues par ces jeunes, puis de valider auprès des immigrants la richesse du lien social dans leur pays d'origine. Inspiré par le crowdsourcing, cette simulation servait à nourrir la scénarisation des infopubs à venir.»

Qu'entendez-vous par « pauvreté relationnelle »?

« On définit la pauvreté relationnelle comme la difficulté grandissante chez les jeunes à établir et maintenir des relations avec le voisinage, le réseau d'amis, la famille intergénérationnelle, etc. Est-il possible que l’enrichissement matériel qu’a connu l’Occident depuis les années 1950 ait généré une pauvreté relationnelle? Est-ce que la richesse matérielle affaiblit les relations, isole les gens? Y a-t-il quelque chose que les sociétés "riches" d'Occident peuvent apprendre des sociétés "pauvres" du Sud? Les réponses à ces questions, c'est au public à les trouver. Notre équipe se contente de lui fournir une plateforme interactive qui opère des échanges interculturels menant peut-être à des débuts de réponse.»

Pourquoi riez-vous de l'automutilation, de la radicalisation des jeunes et autres phénomènes tragiques?

« Contrairement à la parodie classique, le projet PER ne vise pas à faire rire. On amène le concept de parodie sur un autre terrain, un terrain peu exploré, celui de la parodie tragico-comique qui vise autant à faire réfléchir – sinon plus – qu'à faire rire. On invite le public à s'arrêter un instant, à prendre du recul pour réfléchir aux détresses psychologiques croissantes. On propose un cadre d'analyse qui aborde ces détresses dans leur ensemble plutôt qu'un cadre qui les analyse séparément, en silo.

Vous pourriez trouver qu'un jeu n'est pas un médium approprié pour discuter de questions aussi délicates, que ce projet traite à la légère des problèmes qui sont graves. Toutefois, PER n'est pas un jeu classique, pas plus qu'il n'est une parodie classique. C'est un jeu sérieux, qui vise une transformation sociale. Si on veut vraiment parler de traitement à la légère, on devrait plutôt regarder du côté des salles de nouvelles à l'heure des réseaux sociaux. Prisonnier d'un format court (3 minutes pour un reportage vidéo, 1600 mots pour un article, etc.), comment un journaliste peut-il explorer en profondeur des phénomènes complexes? Les salles de nouvelles semblent donc privilégier l'angle du récit personnel plutôt que les angles exigeant plus de recherche, par exemple les facteurs historique, sociologique, économique qui pourraient expliquer un phénomène.»

Y a-t-il un danger de banaliser la pauvreté économique dans le Sud?

« Plus de 3 millions d'enfants meurent de faim chaque année dans les pays du tiers-monde. Alors pourquoi consacrer du temps aux enfants riches? Ce projet ne s'intéresse pas aux enfants riches à proprement parler, mais à un système dans lequel ces enfants vivent, appelé la société de consommation. Le réalisateur Julien Boisvert lance ainsi une question naïve: est-il possible que cette société de consommation génère à la fois une pauvreté matérielle dans le tiers-monde – pauvreté qui tue des enfants là-bas – et une pauvreté relationnelle en Occident, qui tue aussi mais différement?

PER représente aussi une occasion de revanche pour les citoyens du Sud – revanche symbolique à tout le moins. Prenant par exemple Regis, un citoyen du Congo qui a découvert le projet PER en janvier 2015. Selon lui, cette campagne traduit en images la relation paternaliste du colon et du colonisé, mais dans des rôles inversés. Regis se réjouit que l'Occident goûte pour une fois à la médecine qu'il sert au reste du monde. Ainsi l'Occident apparaît en bas sur notre carte du monde. Sa population est présentée comme un ensemble d'ethnies et de tribus qui implorent l'aide des nations civilisées du Sud. L'humiliation est poussée plus loin à travers le « catalogue d'enfants », qui permet aux citoyens du Sud de parcourir les profils d'enfants et faire leur choix.»

Votre vision serait-elle un peu trop « noir ou blanc » sans nuance?

« Le projet PER n'est pas juste un peu « noir ou blanc », il l'est totalement. Pour créer une parodie du marketing humanitaire qui soit crédible, on a étudié le message et l'esthétique véhiculés dans les pubs d'UNICEF, Vision mondiale et Avaaz. Ces organisations ont besoin des dons du public pour financer leurs actions humanitaires. Pour convaincre le plus possible de donateurs, elles doivent utiliser un message simple, « noir ou blanc », souvent sensationnaliste et alarmiste. Les images doivent être misérabilistes de manière à toucher le public. C'est cette esthétique particulière qu'on a reproduit dans nos infopubs et sur la plateforme web. Inutile de rappeler que la réalité sur le terrain est évidemment bien plus nuancée. Tous les Africains ne sont pas toujours en train de visiter leur grand-mère ou d'aider leur voisin. Et tous les Occidentaux ne sont pas des cyberdépendants solitaires et anxieux. La planète elle-même est plus complexe qu'une simple division Nord/Sud.»

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